Si une campagne de Marketing d’Influence affiche généralement un retour sur investissement attractif voire stratosphérique, une opération mal exécutée peut aussi se transformer en échec massif. Voici un panorama des plus gros « fails » en 2018, histoire de vous aider… À ne pas les reproduire !

Logan Paul prend la grosse tête et dérape

Il s’agit probablement du plus gros FAIL de l’année de la part d’un influenceur, ou en tout cas le plus médiatisé, et il a commencé le 1er janvier 2018. L’un des plus gros influenceurs du monde sur YouTube, Logan Paul, publie une vidéo de son voyage au Japon. Vous connaissez la suite : il y déambule dans la forêt du suicide, et y découvre un cadavre. Devant la polémique, YouTube retire la vidéo mais le mal est fait : 6 millions de visionnages ont déjà eu lieu et le scandale est sur toutes les lèvres.

Quel rapport me direz-vous ? Certes, cette vidéo n’était pas diffusée dans le cadre d’une vidéo promotionnelle en partenariat avec une marque. Mais les internautes n’ont pas tardé à pointer du doigt les partenariats du YouTubeur avec des marques comme Walmart et Dunkin Donuts. Ces dernière ont dû annoncer la fin de toute collaboration avec Logan Paul. Une année plus tôt, c’était Disney qui avait du interrompre un partenariat de long-terme avec le YouTubeur gaming PewDiePie, après que celui-ci ait formulé des propos antisémites.

Les annonceurs doivent renforcer leur vigilance à l'égard des profils avec lesquels ils collaborent, surtout quand il s'agit de méga-influenceurs. Cliquez pour tweeter

Plus que jamais les marques doivent renforcer leur vigilance à l’égard des profils avec lesquels elles collaborent, surtout quand il s’agit de méga-influenceurs dont le moindre dérapage peut prendre des proportions incontrôlables.

Floyd Mayweather et DJ Khaled font la promotion d’une arnaque

On aurait tort de croire que les marques sont les seules victimes des dérapages du Marketing d’Influence. En Mai 2018, le boxer Mayweather et l’artiste DJ Khaled font la promotion du lancement d’une nouvelle cryptomonnaie, Centra Tech, via des publications répétées sur Instagram et Twitter. Comme cela est souvent arrivé en crypto, l’offre est en réalité une arnaque et des milliers d’investisseurs tombent dans le panneau. TMZ (article en anglais) révèle alors que les deux méga-influenceurs font face en octobre dernier à un procès des investisseurs lésés, qui affirment avoir été trompés par les recommandations des deux stars.

Le boxeur a usé de son influence pour promouvoir une arnaque à la cryptomonnaie. (Crédit photo : Wikipedia)

Snapchat poursuit un influenceur pour service non rendu sur… Instagram !

Attention les yeux, l’histoire vaut son pesant de cacahuètes. Elle aurait dû rester secrète mais elle a été rendue publique dès lors qu’elle a été portée devant les tribunaux par l’agence PR consulting. Celle-ci accuse Luka Sabbat de ne pas avoir honoré un contrat pour son client Snapchat. Selon celui-ci, Sabbat devait porter les lunettes Spectacles durant la Fashion Week de Paris, et s’afficher alors via 4 publications sur Instagram en l’échange d’une rétribution par Snapchat de 60 000 dollars. Snapchat a même payé 45 000 dollars en avance.

Problème : Sabbat n’a pas honoré son contrat et n’a publié aucune photo avec le produit de Snapchat, ce qui justifie que l’agence ayant négocié le deal se retourne contre l’influenceur peu fiable. On retiendra tout de même que Snapchat avait choisi de réaliser une campagne d’influence sur Instagram, son principal concurrent !…

En France aussi : les placements produit douteux de Emma Cupcake

Emma Cakecup (1,5 millions d’abonnés) et son compagnon Oltean Vlad (1,2 millions) ont-ils abusé de la confiance de leur fans ? Les deux influenceurs sont suspectés de s’être affichés, notamment dans des stories sur Instagram, avec des produits tels que des montres ou des stimulateurs d’abdominaux. Le tout était accompagné de codes de réduction.

Problème : les publications renvoyaient sur des sites marchands peu scrupuleux, qui vendaient à des prix exorbitants des produits disponibles pour soixante dix fois moins cher sur Amazon. Pire, certaines commandes ne furent jamais honorées, et les sites ont depuis disparu. Une arnaque en bonne et due forme. Les deux influenceurs sont suspectés par BFM d’avoir touché plusieurs milliers d’euros pour ces recommandations empoisonnées. Des pratiques peu scrupuleuses qui montrent que certains influenceurs ne méritent décidément pas leur influence.

Ces scandales ont fait les gros titres et sont révélateurs de pratiques douteuses qui mettent en péril l’industrie toute entière. Plus que jamais, le secteur doit continuer sa maturation, et les annonceurs se rapprocher d’intermédiaires spécialisés qui sont expérimentés, afin d’éviter les pièges inhérents à la pratique de ce nouveau segment du marketing en ligne !