Les outils de Marketing d’Influence utilisant la blockchain voient progressivement le jour, pour certains encore à l’état de projet, d’autres déjà en ligne. Dans énormément de domaines, la « chaîne de blocs » promet des gains de temps et des économies dans le traitement des données et les transactions. Ce potentiel est-il réalisé côté Marketing d’Influence ? On fait le tour des services existants ou à venir !

Patron

La blockchain est connue pour être la technologie propulsant les cryptomonnaies. Pourtant, son potentiel dépasse largement le seul carcan des transactions financières et autres paiements en ligne. Côté Marketing d’Influence, elle pourrait ainsi permettre aux annonceurs d’authentifier les influenceurs et d’anticiper le ROI (Retour sur Invesstissement) de leur campagne : deux des principaux challenges auxquels les professionnels du marketing digital font face aujourd’hui.

Le projet le plus flamboyant à ce jour s’appelle Patron, mais c’est un succès en devenir. Via une levée de fonds par distribution de tokens (ICO), l’entreprise japonaise a levé 40 millions de dollars (35 millions d’euros). Les crypto-investisseurs ont été pour le moins séduits par le potentiel du projet. Patron promet de tokeniser les relations entre annonceurs et influenceurs, c’est-à-dire pour simplifier de les déplacer sur la technologie blockchain. À la clé, la plateforme s’apparentera à une place de marché sécurisée dans laquelle les influenceurs sont authentifiés et le taux d’engagement qu’ils peuvent atteindre certifié.

Patron affirme une vocation internationale et un usage révolutionnaire de la blockchain, mais force est de constater que le service est pour l’instant une banale plateforme web avec des influenceurs majoritairement japonais. Le meilleur resterait à venir, mais l’entreprise ne s’est engagée sur aucun calendrier. Douteux. (Crédit photo : capture d’écran Patron)
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L’idée est de se débarrasser d’un intermédiaire auquel ces tâches de certification et contrôle seraient normalement dévolues, la blockchain étant censée garantir transparence des données. Pas de triche possible en théorie. Cela permet de supprimer la commission, et donc d’augmenter encore un peu plus le ROI des campagnes d’influence. Une telle promesse demande à être vérifiée, tant la blockchain ne peut certifier la validité des informations qui sont entrées, juste qu’elles ne seront pas altérées par la suite.

Reste que si l’ambition affichée de Patron est de conquérir un marché mondial, un rapide tour sur la version bêta de la plateforme montre un ancrage très local, avec une écrasante majorité d’influenceurs japonais. Patron doit encore faire ses preuves en dehors de ses frontières naturelles. Et surtout, cette plateforme est encore basée sur une technologie web traditionnelle, pas encore sur la blockchain. En clair, rien ne différencie pour l’instant PATRON des dizaines d’autres services d’influence. La sortie de la version de la plateforme opérant sur la blockhain est tout juste affublé d’un mystérieux « coming soon ». Il faut croire que les milliers de crypto-investisseurs s’en contentent. Peut-être pas les annonceurs. À suivre donc.

AC3

AC3 est également une place de marché fonctionnant sur la blockchain. Celle-ci se propose de révolutionner les rapports entre les créateurs de contenu et leurs abonnés. Ces derniers peuvent payer pour l’accès à un contenu de qualité. La monnaie d’échange alors utilisée s’appelle AC3 (comme sa maison mère), et une nouvelle fois les commissions sont contournées et les frais de transaction ramenés à zéro. Le projet a été salué par la presse, y compris par d’énormes publication comme Forbes. Le coin AC3 s’échange quant à lui sur de nombreux crypto-exchanges en ligne comme BiBox ou Cryptopia.

AC3 promet aux influenceurs de monétiser leurs contenus. Reste que l’approche et le langage utilisés ici a peu de chances de séduire les créateurs de contenu : « Boostez vos campagnes de croissance ». (Crédit photo : capture d’écran AC3.io)

C’est toujours le même topo avec ces projets basés sur la blockchain : ils suscitent l’intérêt de la presse et des investisseurs, mais difficile pour les annonceurs et les influenceurs – pourtant ici les principaux concernés – d’y trouver une véritable utilité. Une simple visite sur le site AC3 laisse l’impression d’un projet flou voire avorté. Peu convaincant.

Boosto

« Redonnez pouvoir et liberté aux créateurs », telle est le fantastique credo de Boosto. Le projet est encore au stade du financement participatif, 11763 ETH (monnaie Ethereum utilisée pour la plupart des ICO) ayant déjà été recueillis, soit 2,2 millions d’euros au cours actuel de l’Ether. Et ça continue de monter !

Boosto espère devenir un écosystème sur lequel de nombreuses apps sociales se développeront. Il est en cela beaucoup plus ambitieux que les autres services présentés dans ce billet. (Crédit photo : capture d’écran Boosto)

La promesse de la plateforme sonne le déjà entendu : réseau décentralisé, absence d’intermédiaire et donc de commissions, paiements instantanés, etc. Mais Boosto veut permettre à chaque micro-communauté de construire sa propre plateforme basée sur un écosystème commun. Un cadre de travail est ainsi fourni clé en main aux développeurs, charge à eux de fixer les règles inhérentes à leur ommunauté. De plus la plateforme promet de fournir une offre ultra-complète, à rebours des plateformes existantes souvent limitées. Boosto, ce serait donc un traitement des données, une plateforme de reporting (analytics), une solution de paiements, un outil de social media management, et un framework pour les développeurs (dApp). N’en jetez plus !

Vers des promesses non tenues ?

Les projets basés sur la blockchain débordent de promesses. Ils parviennent ainsi à générer l’enthousiasme des médias et le soutien des investisseurs. Sur le papier, la blockchain possède de nombreux atouts susceptibles d’améliorer les usages. Cela reste de la théorie. En matière de marketing, aucune technique n’est valable tant qu’elle n’est pas passée par la moulinette de la pratique.

Ainsi, il reste à déterminer comment concrètement une plateforme de Marketing d’Influence basée sur la blockchain pourrait surpasser les plateformes traditionnelles. Les données entrées sur la blockchain ne sont pas corruptibles, mais rien ne garantit leur véracité à la base, aussi de fausses données pourraient toujours être entrées au sujet d’un influenceur. De plus, la blockchain ne peut résoudre les problème des faux abonnés ou des taux de clic truqués qui compliquent les campagnes d’influence. Enfin, rien dans la technologie blockchain ne permet de prédire un reporting plus efficace des campagnes.

Si le sujet vous intéresse, reportez-vous à notre autre article sur le sujet ci-dessous. Et dans l’immédiat, nous vous conseillons la plus grande prudence face aux services en ligne qui se targuent de fonctionner sur la blockchain…

La blockchain, l’avenir du Marketing d’Influence ?

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